« Grenoble ? Oui, on connait la prise de la Bastille ! »

oct 12, 2015 / 5 comments

 

Coup de Gueule n°5 (Art. Concours) 

Je ne sais pas comment lancer mon sujet car commencer par « je » est trop personnel alors qu’il s’agit ici de « nous » ou plutôt « nous grenoblois ». Le titre résume en quelques mots l’idée que je défends à travers cet article... 

Ce coup de gueule m’est venu lors d’un échange avec des jeunes collégiens et lycéens qui ont avoué posséder peu, voire, presque aucune connaissance historique de Grenoble. « A l’école, on ne parle qu’occasionnellement de Grenoble, donc finalement, ma ville j’y vis mais je ne la connais pas ! ». Certains dénoncent le fait que « si on nous avait aussi enseigné l’histoire de notre ville, les cours auraient été sûrement plus captivants ». Mais pour d’autres l’ignorance est remarquable : « Grenoble ? Oui, on connait la prise de la Bastille ! ». 
Cet échange m’a replongée au collège en cours d’histoire/géo. Nous n’étions pas réellement acteur de notre apprentissage, il n’y avait guère de plus-value dans les confrontations d’idées et de partages. Nous étions perdus dans des explications abstraites et peut-être trop scolaires. En écoutant ces étudiants, j’ai pu constater que la situation n’a pas vraiment évolué depuis… Mais à qui la faute ? 

Il y a quelques années, je me suis intéressée à Grenoble : son patrimoine et son histoire. Et quand j’ai découvert sa richesse culturelle, j’étais révoltée ! Pourquoi « notre histoire » est-elle si peu évoquée dans l’enseignement ? Comment peut-on développer un comportement citoyen et construire son identité si déjà cette partie de nous-mêmes (de notre histoire) n’est pas exploitée à l’école ? Pourtant, l’histoire de Grenoble est suffisamment importante pour permettre une approche concrète en identifiant les lieux en lien avec la période historique. L’intérêt est de prendre conscience des héritages du passé et de connaître son environnement immédiat. 
Je pense surtout que les enseignants ont un rôle majeur dans cette transmission de connaissance et de valeurs culturelles entre génération. Cela demanderait juste à repenser les pratiques éducatives.Grenoble n’est pas une ville où « il n’y a rien », comme je l’entends souvent dire. Peut-être n’a-t-on pas su nous donner l’envie de découvrir et de comprendre notre environnement ? 
Quoi qu’il en soit, nous grenoblois, avons un patrimoine culturel riche et c’est notre devoir à tous de le transmettre aux générations futures. Chacun d’entre nous n’est-il d’ailleurs pas la mémoire de Grenoble ?

Texte : Audrey Girardi
Photo : Audrey Girardi & Delcampe

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