La géol, j'en raffole !

déc 01, 2015 / 0 comments

J’aime la géol. Ca me rend complètement fol. Pas les cailloux mais les pics, les plis et tout ce qu’il y a en dessous : une histoire de fou.

A Grenoble c’est la samba. Le Pic Saint Michel plonge du haut en bas pour aller voir, le coquin, les Rochers de la Bourgeoise et son popotin. Il en profite pour frotter de plus bel un crochon de lumachelle.
La dent de Crolles est un peu fofolle. Elle a dit tchao à sa sœur Chamechaude qui n’a plus dans ses bras la petite dernière : la Pinéa. Un gros glacier au quaternaire est venu semer la zizanie dans la fratrie.
Du côté de Bourg d’Oisans c’est encore plus remuant. Ca plisse et ça glisse au son de je ne sais quelle musique. Deux blocs qui se rapprochent et les calcaires, bien calmes au secondaire, se mettent à onduler en un rythme effréné.
Quelquefois ça se fâche : je ne veux plus te voir dit le Rochail au Taillefer. Entre nous c’est la guerre. Et crénom de nom on voit apparaître la faille d’Ornon. Ils s’individualisent sous la mer au lieu de rester bien pépères.
La géol, c’est toute l’histoire de Grenoble, voilà très très longtemps, bien avant qu’on emménage dans les parages. Et en se baladant, on voit que la construction s’est faite de drôles de façons. Imagine-t-on une maison qui se dresse, toute seule sans architecte ? Mais heureusement qu’on a laissé faire sinon quelle galère. Des montagnes tirées au cordeau, c’est pas beau.
Pour aller voir tout ça on trouve, montés sur des ressorts ou cahin-caha, des étudiants de l’UIAD tout heureux de retourner à l’université. L’université du 3ème âge ? Non mais ça ne va pas, on n’est pas des fossiles hors d’âge. Bon alors « inter âge », en attendant de trouver mieux. Les idées ne manquent pas : université des toujours jeunes, université des pics neigeux. Mais à vouloir en faire trop on soupçonne, un rejet du temps qui n’étonne personne. De toute façon énoncer tout c’est indicible, on préfère parler en sigle.
Dans ces balades il faut être bien équipé. Un crayon et du papier, car on est des écoliers. Mais plus important que ça, parmi les impédimentas, surgissent, au bout du chemin, quelques bouteilles de vin. Un cépage issu du Jurassique sera-t-il plus fruité que celui qui a poussé dans le Crétacé ? Chacun est invité à goûter à moins que « oh mince ! » il ait oublié son gobelet. Mais on peut y remédier. Le marteau du géologue est un peu délaissé, la nature n’a pas à avoir peur, on n’est pas des prédateurs.
Et le groupe reprend son chemin avec quelquefois quelqu’un qui s’éclipse, pour un arrêt technique, appelé encore, c’est plus doux : un petit pissou. Les montagnes voient leurs secrets dévoilés. Et nous on s’accroche et on note. On ne peut pas tout retenir mais ça pourrait être pire.
Quand on repassera par là un jour ou l’autre, avec le commun des mortels, on pourra briller auprès de lui ou d’elle.

Texte : Jean-Claude Grelet
Photo : Jean-Claude Grelet

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